J’avais parlé rapidement dans cet article de mon envie de faire un road trip à travers l’est d’Hokkaido. Après un faux départ me voilà sur la route pour une semaine… Enfin c’est ce que je croyais. Mais revenons au début.
J’avais prévu les différentes étapes, les visites, et d’économiser en dormant dans ma voiture. Rien ne s’est passé comme prévu. Sans aller à la catastrophe, ce road-trip est en demie teinte. Je me suis ravisée sur certaines destinations, en ai rajouté d’autres, n’ai pas pu faire certaines activités et dormir dans la voiture était pas une des idées les plus brillantes mais surtout j’ai été très malchanceuse au niveau de la météo. Les prévisions annonçaient un ciel nuageux avec des éclaircies… Bon ce sera nuageux, certes, MAIS avec des trombes d’eau. Ils avaient bon sur les nuages, je leur concède !
Et c’est d’ailleurs dans les nuages que commence mon périple.
UNKAI TERRACE
C’était LE truc que je ne voulais absolument pas louper. Je voulais le faire quand je suis allée à Furano mais comme je l’avais dit, il faut être là-bas très tôt le matin.
J’étais surprise mais beaucoup de gens sont au taquet à 4h30 !
Pour se rendre à la Unkai Terrace, il faut prendre un téléphérique (13minutes de montée). Ce dernier ouvrait officiellement à 5h. Ils ont ouvert bien avant, au final, vu le monde. A bord du téléphérique, au fil de la montée, on passe d’un monde à un autre avec comme frontière entre les deux, les nuages.

J’ai posé le pied sur la fameuse terrasse et j’ai été éblouie. Littéralement. Je ne voyais rien du tout à cause du soleil. Je l’avais en plein dans les yeux et la blancheur des nuages ne faisait qu’accentuer la luminosité. C’est donc aveugle que j’ai entrepris ma balade le long du chemin vers les différents points de vue. En s’éloignant un peu, en sortant des nuages, j’ai recouvré la vue et pu assister à un spectacle magnifique.

« Unkai » veut dire « mer de nuages ». C’est exactement cela. Une mer de nuages à perte de vue. J’ai même pu voir un début de « cascade », ce que je désirais par dessus tout. Ce phénomène d’Unkai est dû à la basse température de l’eau de la mer, aux vents chauds venant du sud et à la pression atmosphérique de l’Océan Pacifique combinés. Cela donne un résultat incroyable. Il faisait beau (je ne sais pas pourquoi ça m’a surprise, il fait forcément beau au dessus des nuages non?!), il faisait chaud et le paysage était merveilleux.

Le long du chemin, on trouve plusieurs installations. La première est le « bar à nuage ». ce sont des chaises (très) hautes d’où l’on peut admirer la vue. Vient ensuite une passerelle, que j’ai beaucoup aimé car on est dans le vide face au nuages sans « obstacle » entre nous et cette mer nuageuse. Un peu plus haut, on peut s’arrêter aux « lits-nuages », des boules un peu molles sur lesquelles on peut se reposer. On peut par la suite s’asseoir sur des bancs et apprécier le spectacle. L’attraction que la plupart des petits et des grands souhaitent faire c’est l’espèce de filet géant au dessus des nuages, limité à 10 personnes en même temps.

Cela doit être assez sympa en effet MAIS il y avait la queue alors j’ai très vite oublié la chose et après 30 secondes d’hésitation j’ai décidé de faire la petite randonnée jusqu’au sommet du Mont Tomamu. Il était 6h du matin, je n’avais dormi qu’une heure et j’avais très faim… Mais j’ai bien fait ! La vue était encore plus belle et impressionnante une fois tout là-haut. Avec une vue à 360°, ce n’était plus une mer mais un océan de nuages que j’avais sous les yeux dont seulement le sommet des montagnes environnantes émergeaient tels des îlots. C’était tout simplement superbe.

Monter en haut du mont était aussi un moyen de ne pas se faire engloutir par les nuages car, en effet, au fur et à mesure ils se répandaient sur la montagne et les différentes attractions disparaissaient dans la brume. Quand je suis redescendue, là où j’avais été aveuglée par le soleil, je ne voyais plus à 50 mètres mais pour d’autres raisons. J’étais littéralement dans les nuages à ce moment là.

J’ai adoré. C’était sublime. Seules mes jambes ont eu du mal à se remettre d’une randonnée à 6h du matin. Je leur ai donc accordé une courte sieste avant de reprendre la route, direction Kushiro.
KUSHIRO ET LE LAC TORO
Je suis arrivée dans la ville de Kushiro en début d’après-midi. Je cherchais un restaurant vu que je n’avais pas mangé depuis la veille au soir. Je me suis retrouvée dans une ville fantôme. Tous les restaurants et les magasins étaient fermés, personne dans les rues, quelques rares voitures aux alentours. La ville en elle même n’a rien de très attrayant, j’ai donc choisi de me rapprocher des marécages que je visiterai le jour suivant. J’ai passé ma première nuit au bord du lac Toro.
Eh bien, dormir dans une voiture: pas la nuit de rêve que tout le monde imagine !

Cette première journée était fatigante, certes, mais apaisante également. La tête dans les nuages le matin et la soirée au bord d’un lac ou comment bien commencer son voyage.
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