C’est à partir de maintenant que la météo a décidé d’être un obstacle à mon voyage. Toutes mes visites prévues à travers Hokkaido étaient des visites en plein air… Dommage.
C’est donc sous la pluie que j’ai débuté cette deuxième journée.
LES MARECAGES DE KUSHIRO
Le parc national de Kushiro Shitsugen s’étend sur 28 788 hectares et comprend les marécages de Kushiro ainsi que les collines et les lacs aux alentours. Le parc a été classé comme parc national japonais ainsi qu’à l’international pour protéger sa faune et sa flore. Il accueille notamment les grues du Japon, à couronne rouge, qui s’y reproduisent. Ces grues sont une espèce protégée et considérée comme un trésor naturel au Japon. Leur nom en Aïnou (population aborigène d’Hokkaido) signifie « dieu du marais ». Je crois en avoir aperçu mais pas dans le parc même. Ou alors c’était peut-être des grues normales. Je n’y connais rien en oiseaux mais je suis persuadée d’en avoir vu!
Le mauvais temps ne m’a pas découragée un instant et je suis partie vers les différents observatoires du marais avec l’intention d’en prendre plein les yeux.
Pour la partie qui suit, je tiens à dire que je n’ai pas pris de substances hallucinogènes ou autres drogues.
Depuis l’observatoire Hosooka, on découvre toute l’étendue des marécages. La première image qui m’est venue à l’esprit, c’est cette scène du Roi Lion quand Mufasa présente à Simba le royaume des lions. Je n’ai jamais vu la savane, malgré tout cela m’a donné l’impression de l’avoir sous les yeux mais tout en vert.

Hormis cette petite parenthèse (hallucination?!) Disney, j’ai vraiment été bouche bée face au paysage. La rivière qui passe au milieu, les arbres qui se font de plus en plus rares au fil des kilomètres, l’étendue immense des marécages, les collines aux alentours, tout cela était étourdissant. Je ne savais plus où donner de la tête, ou quoi regarder. La vue depuis cet observatoire est des plus jolies.
Le deuxième observatoire auquel je me suis rendue, offre une vue plus étroite du paysage. A vrai dire, ce n’est pas la vue que j’ai apprécié le plus ici mais la balade dans la forêt. Il y a tout un parcours sur des planches en bois qui est vraiment très sympa à faire.

La dernière étape de cette visite du parc national de Kushiro Shitsugen était aussi une balade sur des planches en bois, cette fois celle d’Onnenai. La meilleure partie de ma journée !
Le chemin se fait au cœur du marais. Il y a trois boucles pour convenir à tous les types de visiteurs. Une petite boucle de 500m, une de 2km et une autre de 3km. Au fil du parcours, on peut observer les changements de végétation. C’est aussi un très bon endroit pour les amoureux de la faune et de la flore. J’ai d’ailleurs croisé quelques ornithophiles. Je ne sais pas s’ils ont pu voir grand-chose avec la pluie par contre.

De mon côté, j’ai fait la petite boucle. La pluie se faisait plus intense et je ne voulais pas me retrouver coincée à plusieurs kilomètres de la voiture en cas de grosse averse. Néanmoins à défaut d’avoir du soleil, la pluie ajoutait un aspect enchanteur aux marécages. Les fleurs violettes ressortaient magnifiquement dans ce paysage vert/jaune.

Cette balade était très agréable, je dois dire. Et j’ai vu un faon de près !! Je n’ai pas osé trop m’approcher, j’avais peur que son père ou sa mère soit dans les parages (Je ne sais pas comment fonctionne le système familial des biches ok ? Je ne voulais pas risquer ma peau). Ce moment était magique. J’avais le cœur qui battait à 100 à l’heure entre l’excitation et la peur d’être proche d’un animal sauvage.

Malgré la pluie, cette journée dans le parc national de Kushiro Shitsugen était une très bonne journée. S’il avait fait beau, j’aurais peut-être fait une balade en canoë sur la rivière qui passe au milieu des marécages. Il y a aussi la possibilité de faire des balades à cheval.
Pour ma deuxième nuit, j’ai décidé de rester dans une auberge de jeunesse… Après l’expérience incroyable de la nuit précédente, j’avais besoin de vrai repos pour pouvoir faire la randonnée prévue le jour suivant.
J’ai donc passé la soirée et la nuit dans la ville de Teshigaka. Là bas, pour la première fois depuis que je suis au Japon, j’ai découvert les onsen (source chaude naturelle). D’abord juste pour un bain de pied, sur une aire de repos et la seconde fois dans un hôtel. Je dois admettre que jusque là, j’avais évité d’aller dans les onsen car je ne suis PAS DU TOUT à l’aise avec le fait de me retrouver complètement nue devant d’autres personnes. Néanmoins, j’ai pris mon courage à deux mains et me suis jetée à l’eau, littéralement. Au final, j’étais toute seule dans le onsen de l’hotel, parfait ! Je n’y suis pas restée très longtemps, la chaleur de l’eau et de la pièce m’empêchait de respirer au bout d’un certain temps. C’était comme prendre un bain très chaud qui ne refroidit jamais, tout ça dans un hammam. Il fait très chaud et très humide et c’est devenu vite oppressant pour moi. Mais c’était quand même agréable ! J’imagine qu’il faut seulement que je m’y habitue.
Autre première pour moi : dormir sur un futon, dans une chambre typiquement japonaise avec des tatamis au sol, une porte coulissante et des murs très fins. Le futon est définitivement plus confortable qu’un siège de voiture mais quand même moins qu’un vrai matelas. C’est comme dormir sur un sol mou. Ça m’allait tout de même très bien, c’était toujours mieux que la voiture.

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