Au matin de cette troisième journée, la météo était pire que la veille encore. J’avais prévu d’aller au Lac Mashu et d’y faire la randonnée jusqu’au sommet du mont du même nom. Les nuages devaient se lever en début d’après midi, j’ai donc attendu mais cela s’est aggravé plutôt qu’autre chose.
Je suis allée au Lac Kussharo à la place. Ce dernier est situé à quelques kilomètres du Lac Mashu et ne se trouve pas en altitude alors j’espérais pouvoir voir au moins l’eau du lac. Ce que je ne pouvais même pas faire au Lac Mashu tellement la vue était bouchée.
Et c’est à partir de ce moment que ma journée, jusqu’ici ratée, devient remarquable.
LAC KUSSHARO
Le lac Kussharo fait partie du parc national Akan-Mashu. Il est le plus grand lac à cratère ainsi que le plus grand lac à geler en hiver au Japon. Son île centrale a une superficie de 12km de circonférence.
Je ne sais pas où mon GPS a été cherché l’endroit il m’emmenait mais il a bien fait de m’y conduire. Il m’a fait traverser un petit bout de forêt dans un chemin qui s’ouvrait sur des maisons abandonnées. Je n’étais pas rassurée mais c’est au bout du chemin que la magie opérait. Là bas, je découvris l’onsen Ikenoyu au bord du lac Kussharo. J’étais toute seule dans cet environnement, pas des plus accueillants qui plus est, et j’allais prendre un bon bain chaud au milieu de la nature. Et c’est ce que j’ai fait ! Ce moment était incroyable. Je me baignais dans une eau très chaude tout en étant sous la pluie. J’avais une très belle vue sur le lac et les montagnes environnantes. A cet instant précis, j’étais ravie que ma journée ait été un fiasco jusque là car cela m’avait amené ici. Ce fut un des meilleurs moments de ce voyage.

Maintenant, être absolument toute seule dans ces eaux chaudes, les maisons abandonnées, le vent et surtout le panneau « Attention aux ours » conféraient une atmosphère quelque peu angoissante. Les ours, particulièrement, me faisaient légèrement peur (ce qui me suivra par la suite lorsque j’ai visité Shiretoko). Le vent faisait bouger la végétation au bord du lac et donc il y avait beaucoup de bruits qui me semblaient tous inquiétants. Je me suis imaginée un ours venant prendre un bain et me tenir compagnie. Ou encore je me disais que si un ours arrivait, je me mettrai au milieu du onsen, espérant que ce soit trop chaud pour lui et qu’il ne m’embêterait pas. J’évaluais aussi la distance entre la voiture et moi-même au cas où j’aurais eu à courir très très vite (et complètement nue, pas le temps de récupérer mes affaires). Faut s’imaginer le tableau…


Malgré ce petit côté effrayant, parfait pour un scène de massacre dans un film d’horreur, cela reste un de mes souvenirs préférés de cette journée et de ce road trip.
Aussi ressourçant que fut ce moment, il fallait repartir. Sur la route, je me suis arrêtée à Sunayu, un endroit beaucoup plus touristique où on peut louer des pédalos, des barques ou des canoës. Il y a un camping et une boutique souvenir ainsi qu’une statue du monstre Kusshi, ressemblant beaucoup à celui du Loch Ness, qui hante le lac

Sur la plage, au bord de l’eau, les visiteurs sont invités à creuser leur propre onsen dans le sable. La température de l’eau avoisine les 60°. En la mélangeant avec l’eau du lac, on peut se faire un bain de pied très agréable.

MONT IO
Je parlais du GPS un peu plus haut et cette fois j’ai choisi de ne pas écouter ce qu’il me disait, sans raison particulière. Une fois encore j’ai bien fait ! Si j’avais pris le chemin que le GPS m’indiquait, j’aurais loupé ce qui va suivre. Dans la voiture, au loin, je pouvais apercevoir du jaune et de la fumée s’échapper d’une montagne. En me rapprochant, une odeur d’œuf pourri se faisait sentir. Je me suis donc arrêtée et j’ai été me balader au près du volcan encore actif du mont Io. Ce volcan est connu pour l’exploitation de ses 1500 cratères afin d’y extraire du soufre.

Le paysage y est lunaire. Une partie est « désertique », il n’y a pas de végétation, seulement des pierres. Par endroit, le sol prend des couleurs jaunes orangées dues aux échappements de soufre. C’était la première fois que je voyais et m’approchais si près de ce genre de cheminées jaunes. On ne peut pas y rester trop longtemps à cause des fumées et de l’odeur dégagée mais cela vaut le coup d’y aller et de découvrir cet endroit surprenant au milieu du parc Akan.

Pour résumer, malgré un mauvais départ dû à une météo médiocre, cette journée fut pleine de surprises et de découvertes. Parfois un peu d’imprévu ne fait pas de mal, bien au contraire !
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