NINJA: l’art de la dissimulation

Le Japon est associé aux arts martiaux, aux samouraïs et également aux ninjas. Et j’ai la chance d’avoir de supers amis qui lorsqu’ils ont su que je déménageais au Japon, ont eu la bonne idée de m’offrir un coupon pour devenir une ninja !

C’est avec l’équipe d’Hokkaido Ninja Do que j’allais en apprendre plus sur les ninjas au Japon et sur certaines de leurs techniques.

Le ninja (je vais l’appeler comme cela tout le long car je ne me rappelle plus de son nom et parce que comme il nous l’a dit, il est un ninja certifié. On peut faire des études de ninja visiblement…) vient chercher ses apprentis à la TV tower de Sapporo habillé, bien évidemment, en tenue de ninja. D’ailleurs, il essaiera de montrer le moins possible son visage durant la séance. Il ne peut pas se laisser voir, vous comprenez, il doit rester discret. Ça passe inaperçu un mec qui se promène en sautillant sur la pointe des pieds, habillé tout en noir avec une cagoule et un masque noir, c’est bien connu!

Les locaux d’HND se trouvent au sous-sol d’un bâtiment un peu en dehors du centre de Sapporo. On est accueilli par deux femmes qui accompagnent le ninja. Ses assistantes nous prêtent des tenues de ninja: pantalon, chemise, bandeau, manchettes, tout l’attirail !

Une fois fait, nous sommes passés du sas à une pièce adjacente. Nous nous sommes assis à genoux sur le sol en tatami face au ninja. Il nous en a appris plus sur l’origine et l’identité des ninjas, ce qu’ils faisaient, à quelle période etc.

De la période Sengoku (XVe-XVIe siècles) à l’ère Edo (1600-1868), les seigneurs féodaux principalement, s’offraient les services de mercenaires aux compétences hors normes en terme d’espionnage, de camouflage et de techniques de combat : les ninjas. Les ninjas avaient la faculté de récolter des informations, de les délivrer, de les manipuler, de les utiliser intelligemment pour éviter des batailles inutiles. Ils opéraient en sous-marin comme on dit. D’ailleurs, ces mercenaires étaient des paysans le jour, la parfaite couverture, et des ninjas la nuit.

Après cette remise en contexte, notre formation express pour devenir ninja allait commencer !

Tout d’abord nous avons appris les Kuji-kiri, neuf signes de main qui ont tous une signification particulière et qui procurent un soutien spirituel aux ninjas

Rin est le symbole de la force physique et mentale
Pyo est le symbole de l’énergie
Toh est celui de l’harmmonie entre le ninja et le monde qui l’entoure
Sha est le symbole de la guérison pour avoir la force de se guérir soi-même ou quelqu’un d’autre.
Kai est le symbole de l’intuition, d’être conscient du danger et de le prévenir.
Jin est le symbole permettant de lire dans les pensées de l’autre.
Retsu est le symbole du contrôle sur les différentes dimensions, le temps et l’espace.
Zai est le symbole permettant de contrôler les éléments naturels
Zen, enfin, est le symbole de l’absolu.

Nous avons ensuite appris à nous déplacer comme des ninjas. Cette épreuve est déjà éliminatoire pour certain d’entre nous, soyons honnêtes. Un ninja se déplace dans la plus grande discrétion et le plus grand silence. Cela demande aussi d’avoir un bon équilibre. Certains d’entre nous (quoi, moi?!) se rapprochant plus de l’éléphant que du chat, on aurait probablement était des ninjas au chômage à l’époque…

Le ninja utilise des moyens déguisés pour se battre et se faufiler. On a donc mimer une attaque au couteau avec une lame cachée dans un instrument de musique ressemblant à une flûte. On s’est aussi faufilé d’un endroit à un autre en passant par des portes dissimulées dans les murs, comme on peut voir dans les films. Du genre je tire un livre et la bibliothèque s’ouvre sauf que là il faut remettre la scène dans son contexte. Il s’agit de simples murs qui se retournent. La question est : quand est-ce que le ninja a eu le temps d’installer ce genre de porte dans les maisons des personnes qu’il espionne sans se faire voir ?! Ou alors il n’espionne que des gens avec des murs qui s’ouvrent, ça réduit les possibilités…

Par la suite, après avoir appris les techniques de camouflage du ninja, nous allions apprendre à manipuler ses armes.

En premier: la maîtrise du sabre. J’ai beaucoup aimé cette partie. Nous avons appris différents mouvements qui au premier abord semblent faciles à réaliser. Mais ils demandent de la coordination et donc ne sont pas si simples que ça. Je ne m’en suis pas trop mal sortie !

Ensuite nous nous sommes mis à lancer toutes sortes d’armes.
Celle qui semble la plus inoffensive peut pourtant faire très mal. Je parle des baguettes ! Des baguettes (ashi) très légères faites pour manger d’ordinaire, une fois lancées plein pot, se plantent sans broncher dans la cible en paille à quelques mètres de là. Enfin ça, c’est quand c’est le ninja qui tire… Quand c’est moi, c’est une autre histoire. J’ai quand même réussi à en planter une ou deux, elles tenaient à un fil mais ça compte quand même ok ?!

Nous avons lancé des shiruken après cela. Ce n’était pas plus facile. Cela demande un mouvement du poignet que visiblement je ne maîtrisais pas.

Petit intermède escalade avant de continuer. Pour ceux qui voulaient tenter leur chance, ils pouvaient escalader quelques obstacles représentant les toits de la ville et essayer de traverser la salle en s’agrippant à une corde. Il faut avoir de la force dans les bras pour cela et une bonne tolérance à la douleur, la corde brûlant rapidement les mains.

La dernière arme présentée par le ninja était une sarbacane. Des différentes armes, je pense que c’est celle qui est le plus à la portée de tous. C’est plutôt facile de souffler dedans, encore faut il avoir assez de souffle pour atteindre la cible.

Pour finir, l’expérience ninja se termine par une chasse au trésor. Il faut résoudre un petit casse-tête qui indique où se cache le trésor, dans ce cas un parchemin.

Pour dire au revoir, avant d’enlever sa tenue de ninja et redevenir paysan, un petit certificat nous ai remis.

Au final, c’était une bonne journée au temps des ninjas. J’ai passé un bon moment. Cela reste relativement simple et ludique puisque c’est destiné aux familles. A vrai dire pour vraiment apprécier cette activité, je pense qu’il faut y aller avec des amis ou en famille. Le groupe dans lequel j’étais était principalement constitué de personne qui ne se connaissaient pas et donc l’atmosphère était assez froide au début. En effet, il faut se mettre en scène et ne pas avoir peur du ridicule, il peut donc être un peu difficile de se sentir à l’aise et se lâcher au milieu d’étrangers.

Un petit bémol aussi, le ninja s’est éclipsé après l’escalade sur les toits de la ville et n’est pas revenu. Il n’a pas expliqué pourquoi il partait ni dit au revoir à personne. Ses assistantes ont pris le relais. Elles étaient d’ailleurs très gentilles et plus amicales et chaleureuses que lui. Il s’avère qu’en fait, il était allé chercher le groupe d’après. Les groupes se suivent à la chaîne et je n’ai pas trouvé cela très correct d’en quitter un pour aller chercher l’autre sans même s’excuser ou remercier les personnes qui sont venues et ont payé leur billet.

Je conseille tout de même de faire ce genre d’activité, c’est toujours sympathique et drôle à faire. Et puis, on manipule très peu de shiruken ou de sabre dans la vie de tout les jours, c’est donc l’occasion!

PS: Attention, l’abus de GIF est dangereux pour la santé. A visionner avec modération.

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