KYOTO JOUR 1: Balade zen

Accrochez-vous, on attaque un gros morceau ! Bouclez vos ceintures, je vous emmène à Kyoto. Une des deux villes dont on entend parlé en Europe quand on n’y connaît rien au Japon, soyons honnêtes (et si on a un suivi les cours d’histoire à l’école, on en connaît même 4, dont deux qui se sont reçues une bombe atomique sur le coin du nez).

Kyoto, donc. C’était une des destinations que j’avais hâte de découvrir. La plupart des personnes que je connais qui y sont allées ne m’en avaient dit que du bien, elles me l’avaient super bien vendue. Et puis c’est une ville très prisée par les touristes. Je ne voulais donc pas passé à côté. Et… il ne faut pas passer à côté, c’est vrai. Cependant, et je vais dire cela tout de suite comme ça ce sera fait, on pourra passer à autre chose très rapidement et oublier ce petit point négatif pour profiter des nombreux points positifs, je ne suis pas tombée amoureuse de Kyoto. Le premier sentiment que j’ai eu en arrivant fut donc de la déception. Je m’attendais à une ville pleine de charme, un peu ancienne. J’avais en tête Takayama qu’on appelle «la petite Kyoto», donc je m’attendais à Takayama mais en mieux et en plus grand. Ça n’a pas été du tout le cas. C’est moche. Voilà, c’est dit. Ce n’est pas une jolie ville, comme la plupart des villes japonaises au final. Les bâtiments ont tous l’air vieux et laid. Ils sont tous dans des tons marrons/gris, ce qui me donne un cafard du diable, il y a des câbles électriques dans tous les sens, c’est chaotique. Bref ! Kyoto n’est pas jolie dans son ensemble, de mon point de vue, MAIS on y trouve de très beaux endroits qui valent le détour. J’y ai passé 4 jours et je ne m’y suis pas ennuyée un seul instant, j’ai même parfois été absolument émerveillée. Cet article et ceux qui vont suivre seront donc consacrés à mon périple dans la ville qui fut la capitale de l’empire japonais pendant près d’un millier d’années, jusqu’à la fin de l’ère Edo (1868).

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A LA DÉCOUVERTE DE KYOTO

Je me suis rendue à Kyoto en compagnie de quelqu’un que je ne connaissais pas beaucoup. Je l’avais rencontré quelques fois et nous avons décidé de partir ensemble. Après tout, c’est plus sympa de visiter un endroit avec quelqu’un que toute seule. Je ne suis pas une personne très sociable, j’ai du mal à aller vers les gens et donc là, partir 4 jours entiers avec quelqu’un que je connaissais très peu, c’était un gros effort que je faisais contre ma nature relou. Il y avait 3 façons dont pouvait se dérouler ce séjour :
– la première, on s’entendrait très bien et passerait 4 jours super.
– la deuxième, on s’entendrait assez bien mais bon ne se connaissant pas on ne serait pas très à l’aise l’un avec l’autre ce qui pourrait donner lieu à des moments gênants.
– la dernière, fiasco total, nos personnalités ne colleraient pas dans ces conditions, on en viendrait aux mains et à s’entre-tuer avant la fin du séjour.
Je vous laisse faire vos pronostics. (Lisez jusqu’au bout les articles, je vous donne des conseils pour se débarrasser d’un corps en milieu urbain)

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Nous sommes allés à Kyoto en novembre car je voulais voir les Momiji, les feuilles rouges des érables japonais à l’automne. Je ne tenais plus en place, je voulais voir du rouge, du jaune du orange et encore du rouge. Seulement lorsque nous sommes allés déposer nos affaires à l’auberge de jeunesse, le gérant nous a dit que malheureusement, cette année à cause des températures élevées, la plupart des arbres avaient vu leurs feuilles cramer, sécher très rapidement sans passer par l’étape super-jolie-feuille-rouge-qui-donne-une-couleur-incroyable-aux-arbres. Pas de bol ! Mais je n’ai pas perdu espoir d’en voir et pour ma première visite à Kyoto j’ai suivi la personne avec qui j’étais – que nous appellerons ici Nicolas pour des raisons de discrétion et aussi parce que c’est le prénom que lui ont donné ses parents – qui était déjà venue auparavant. Direction le Pavillon d’argent Ginkakuji avec ses jardins zen.

GINKAKUJI

Le Pavillon d’argent et ses jardins sont un lieu apaisant. Une excellente façon de commencer ma visite de Kyoto. De quoi donner envie de voir le reste si tout est aussi joli que ce temple. Nous avions aussi la chance d’avoir très beau temps. Le soleil d’hiver sublimait les couleurs des arbres. Les rayons lumineux se frayaient un chemin à travers les feuillages pour illuminer le jardin de mousse. Le Ginkakuji était une résidence du shogun (chef militaire qui exerçait un pouvoir plus grand encore que celui de l’empereur au Japon.) avant de devenir un temple zen bouddhiste. Construit sur le modèle du Kinkakuji, le Pavillon d’or, le Ginkakuji ne porte cependant pas son nom de feuilles d’argent qui le recouvriraient. Par le passé la lune se reflétait sur ses murs laqués en noir (ils ne le sont plus) ce qui donnait une couleur argentée au Ginkakuji, d’où le nom de Pavillon d’argent.

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Lorsque l’on arrive sur les lieux, notre œil est attiré par les jardins zen de mousse, les petits étangs et « la mer de sable argenté » (espaces composés de fin gravier ratissé pour parfois faire apparaître des formes particulières). Le temple est enveloppé dans cet environnement paisible et doux. Le chemin dans les jardins nous emmène dans les hauteurs et nous offre une très belle vue sur le site et sur le nord de Kyoto. Le Pavillon d’argent et ses jardins sont un bon avant goût du bouddhisme zen qui règne à Kyoto .

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PROMENADE DU PHILOSOPHE

Après cette première visite des plus agréables nous avons continué notre route vers d’autres temples. Pour cela nous avons suivi la fameuse « Promenade du philosophe ». C’est un chemin de deux kilomètres longeant un canal. Il porte ce nom car Kitarō Nishida (1870-1945), philosophe et professeur, l’empruntait pour sa méditation quotidienne en se rendant à l’université de Kyoto. C’est une allée très agréable à parcourir. Prisée des visiteurs, on ne se sent pourtant pas oppressé. Je n’ai pas eu le sentiment de me noyer dans la foule, bien au contraire. C’est une promenade très revigorante.

DSC03479Tout le long du chemin, il y a d’un côté des petites boutiques et cafés et de l’autre des sites à visiter plus ou moins confidentiels. C’est ainsi que nous avons visité le temple Hōnen-in, temple zen perdu dans la forêt avant de rejoindre le temple qui marque la fin de la Promenade du philosophe.

EIKAN-DŌ ZENRIN-JI

Nous avions comme objectif de visiter le temple Eikan-do Zenrin-ji avant la tombée de la nuit. C’était l’endroit préféré de Nicolas. Il m’avait dit que c’était un endroit très calme, tranquille en plus d’être très beau. Un des lieux où il se sentait le mieux au monde. On se devait donc d’y aller. Sauf que ! Nous y sommes allés en pleine période des momiji, pendant un long weekend de novembre, et c’est à cette période en particulier que le site est le plus visité. Pire moment pour y aller donc mais que voulez-vous, on ne choisit pas ses jours de congé ! Nous nous sommes retrouvés pris dans un flot de touristes et nous sommes laissés porter par le courant. « Calme » ne correspondait plus au temple. « Beau » par contre était le bon terme pour qualifier le temple et son parc.

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Abstraction faite du monde autour de moi, j’ai pu apprécier particulièrement l’étang Hojo, autour duquel les jardins sont entretenus. Magnifique. Les reflets à la surface de l’eau des feuilles allant du jaune au rouge éclatant en passant par le orange, du ciel d’hiver avant le coucher du soleil et du pont de pierre, j’avais l’impression d’avoir un tableau vivant sous les yeux. Sublime.

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La visite des différents bâtiments, reliés entre eux par des passerelles en bois, qui composent le temple se fait sans chaussure. Je dois dire que c’est très agréable de sentir sous ses pieds les lames de bois lisses. Il ne faisait pas chaud donc on a les orteils qui commencent à geler si on reste trop longtemps ainsi, mais c’est vraiment plaisant de visiter un lieu en chaussettes. Il faut simplement refréner son envie de prendre de l’élan et glisser d’un bout à l’autre des couloirs…
Le temple est charmant et très coloré. Les motifs peints sur les poutres sont de couleurs pétantes. C’est surprenant mais réjouissant. Cela m’a donné du baume au cœur de voir toutes ses couleurs dans un lieu comme celui-là.
Le site de Eikan-do Zenrin-ji date du IXe siècle. Des trésors nationaux y sont aujourd’hui exposés.

DSC03576Eikan-do Zenrin-ji est joli et moi qui voulait voir des momiji, j’en ai pris plein les yeux. Les arbres aux couleurs de l’automne étaient magnifiques. Cependant, à cause de la foule, nous avons fait rapidement le tour du complexe et ne nous sommes pas attardés à des endroits où nous aurions sûrement dû. Il y avait tellement de monde qu’il y avait des personnes pour faire la circulation. Nous n’avions pas le droit de nous arrêter trop longtemps pour prendre des photos… Cela vaut malgré tout le détour, rien que pour l’étang et le temple coloré.

PORTE SANMON

Le crépuscule commençait à tomber, nous avions vu ce que nous voulions pour ce premier après-midi à Kyoto et puis nous avons décidé de pousser les choses et d’aller voir le quartier Gion de nuit car avec tout ce qu’on avait prévu, je ne pense que nous y serions retournés un autre jour. Et sur notre route, sans faire exprès, nous sommes tombés sur la porte qui mène au temple Nanzen-ji. L’immense porte Sanmon. C’est, je crois, le bâtiment de la sorte le plus imposant que je voyais depuis mon arrivée au Japon. Massif, colossal, impressionnant. De plus, avec l’allée d’arbres rouges qui menaient au temple au coucher du soleil, cela mettait la porte encore plus en valeur. Elle fait quand même 22mètres de haut, a trois grandes entrées, date du XVIIe siècle et a été construite en l’honneur de tous les soldats tombés lors de la guerre civile Osaka Natsu-no-jin (le siège d’Osaka). Malheureusement nous n’avons pas pu visiter le tempe Nanzen-ji car il était trop tard et qu’il fermait. Dommage car il semble que ce soit un temple qui vaille le coup de visiter pour la beauté de ses jardins zen et son côté insolite.

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QUARTIER GION

Enfin, pour terminer cette première journée déjà bien chargée, nous nous sommes rendus dans le fameux quartier Gion. Le quartier traditionnel de Kyoto où il est possible d’apercevoir une geisha au détour d’une rue. Nous nous sommes baladés dans la rue Shirakawa du quartier Gion. Malgré les touristes, l’atmosphère était très calme et même feutrée. Les restaurants, commerces et maisons en bois confèrent cette atmosphère. Les rues éclairées par de la lumière jaune (et non blanche), longeant le canal, bordées d’arbres nous enveloppaient complètement. Nous ne sommes pas restés longtemps parce qu’on avait faim ! On avait enquillé quelques heures de marches quand même et aussi attirants qu’ils pouvaient l’être, les restaurants de Gion étaient hors budget. Nous avons alors traversé la rivière Kamo-gawa et sommes partis à la recherche d’un petit resto d’okonomiyaki (sorte d’omelette avec une pâte à base d’œuf, de farine et de chou. On y ajoute ce qu’on veut après cela. C’est délicieux). Nous en avons trouvé un pour lequel il fallait faire la queue (les Japonais adorent ça! il est très fréquent de voir de longues queues à l’entrée des restaurants). Cette fois j’ai pris sur moi et j’ai attendu. Le chanteur de rue qui faisait son petit concert en face de nous a grandement aidé à passer le temps. J’aurais même pu faire la queue plus longtemps rien que pour continuer de l’entendre chanter !

 

En conclusion, cette première journée à Kyoto était une très bonne façon de commencer notre séjour. Nous n’avons pas eu le temps de nous ennuyer et avons vu des endroits beaux, charmants, zen, enveloppant. Les trois autres journées s’annonçaient plutôt bien après celle-ci. Le principal défi, pour moi, serait d’affronter la foule.

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L’article est très long et si vous lisez ces lignes : Bravo ! Vous avez tenu le coup ! Je voudrais vous rassurer en vous disant que les prochains articles seront plus courts mais je ne peux rien garantir vu le nombre de choses que j’ai visité et aimé. Mais dîtes moi si vous préféreriez que je les découpe en plusieurs parties pour que ce soit plus digeste ou si de longues publications ne vous posent pas de problème.

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