KYOTO JOURS 3 & 4 : Kyoto, l’incontournable

Troisième jour à Kyoto. Enfin presque. Pour cette troisième journée, Nicolas et moi avons décidé d’aller à Nara. Il faisait beau, grand ciel bleu, c’était LA journée pour se balader dans le grand parc aux daims de Nara. J’en ferai un article plus tard (bon à ce rythme là, il va pas sortir tout de suite, tout de suite, je vais pas vous mentir..). En voilà un premier aperçu en attendant:

Après une journée à Nara, retour à Kyoto. Nous sommes rentrés dans la soirée, il faisait déjà nuit, mais encore tôt. Nous n’avions rien de prévu en particulier. Nicolas voulait monter en haut de la Tour de Kyoto. J’étais moyen chaude pour ça car je trouvais l’entrée un peu chère. De plus, je ne m’attendais pas à une super vue vu qu’on était de nuit. A part des lumières qui scintillent dans la ville, je n’espérais pas plus. Jusque là, Nicolas avait tout fait pour que je voie ce que je voulais, aille où je voulais, visite ce que je voulais afin de profiter un maximum de mon séjour. J’étais en train de me demander si je n’allais pas lui laisser une chance de survivre à ce voyage finalement… Ou en tout cas lui accorder une dernière faveur, un dernier souhait avant de le jeter par dessus la balustrade du haut de la Tour de Kyoto. Et au final, ça s’est avéré une excellente idée qui ferait de cette soirée un merveilleux moment et puis y avait pas de balustrade là haut…

TOUR DE KYOTO

La Tour de Kyoto surplombe la ville et en offre une vue à 360°. Il faisait nuit, comme je l’ai dit, on ne voyait donc pas la ville en détail. Prévisible. La tour se situe en face de l’immense gare de Kyoto à la devanture artistique et ultra moderne toute en verre qui se démarque de l’architecture traditionnelle de la ville. De l’autre côté de la tour se trouve l’imposant temple Higashi Hongan-ji.
Jusque là, bof. Un observatoire moderne mais classique. Il y a de grands panneaux interactifs pour repérer les différents monuments de la ville au loin avec une courte description pour chacun. Ils sont très bien fait. Et évidemment il y a les fameuses jumelles qu’on retrouve à tous les observatoires. Je commençais déjà à râler (on se refait pas…) sur le fait que c’était bien gentil leurs panneaux interactifs mais que je les voyais pas les monuments à 10km à la ronde et que j’allais pas payer en plus pour les jumelles quand Nicolas m’a gentiment fait remarqué qu’ils étaient gratuits… Allez je le garde avec moi ! Et là comme une vraie gamine, j’ai monopolisé les jumelles à chercher chacun des temples, pagodes, sanctuaires visibles depuis la tour. Rien à faire du gamin qui attend son tour à côté de moi. J’étais tel Gollum avec l’anneau : Mon précieux ! C’est sûrement à ce moment là que Nicolas a dû regretter qu’il n’y ait pas de balustrade finalement…

Du haut de notre perchoir nous apercevions la fameuse Pagode du temple To-ji. Nous l’avions vu très rapidement dans le bus en arrivant à Kyoto et avions vu un monde fou à l’entrée du site alors nous n’avions même pas envisager s’y rendre. Sauf que là il faisait nuit, on était en soirée, il devait y avoir moins de touristes à cette heure, on s’est donc dit qu’on pouvait aller y faire un tour, histoire de voir à quoi elle ressemble de près, que de toute manière on n’avait rien d’autre à faire alors autant y aller. Une photo souvenir et 15min plus tard, nous nous retrouvions près du site.

TO-JI

La pagode se trouve dans l’enceinte du temple To-ji, le temple de l’Est, et là on voit quoi ?! Des gens qui font la queue pour y entrer. En effet, le temple était exceptionnellement ouvert le soir pour la saison des momiji. Avec notre flair légendaire, on ne le savait évidemment pas. Nous avons donc pris nos billets et sommes entrés dans le jardin japonais du temple . Magnifique. Je ne m’attendais à rien, je n’avais pas entendu parler de ce jardin ni même de la pagode auparavant, alors ma surprise et mon émerveillement furent des plus sincères. Pourtant cette pagode est la plus haute du Japon. Cinq étages, cinquante sept mètres de haut, plus de trois siècles au compteur, majestueuse.

Tout était si joli. Les arbres aux couleurs automnales éclairés dans la nuit, la pagode au loin se reflétant dans l’eau, le bruit des graviers piétinés, le noir enveloppant de la nuit, c’était magique. Tout le long du chemin à travers le jardin jusqu’à la pagode qui s’élève vers le ciel, dans l’obscurité du soir, j’avais des étoiles plein les yeux. Il y avait pas mal de monde mais les lieux étaient si jolis que j’ai totalement fait abstraction. J’ai beaucoup apprécié me balader dans ces jardins. Il y avait également de grands bâtiments qui font partie du complexe du temple dans lesquels étaient exposés des centaines de bouddhas mais je n’en ai pas beaucoup de souvenirs, je n’avais d’yeux que pour la pagode et son reflet dans le bassin du jardin. Nous sommes arrivés relativement tard et les portes du temple se sont rapidement fermées après notre arrivée. En tout cas c’est le sentiment que j’ai eu. J’aurai pu y rester bien plus longtemps. C’était un moment très doux et à part dans notre séjour à Kyoto.

Encore une fois, c’est une visite totalement imprévue qui m’a offert certains de mes plus beaux souvenirs au Japon. Mes plans pour semer Nicolas ont bien fait d’échouer. Sans lui, je ne serai jamais allée en haut de la tour, je n’aurai jamais passée un temps certain à faire l’enfant avec les jumelles et n’aurai pas été attirée par la pagode illuminée au loin et serai passée à côté d’un site, d’une ambiance, d’un moment merveilleux.

Lorsque vous voyagez, autorisez vous une part d’imprévu, c’est l’occasion de vivre de jolies choses et de vous créer des souvenirs qui vous marqueront peut-être plus que ce que vous ne pourriez l’imaginer. Et surtout, ne vous débarrassez pas de vos compagnons de voyage, ils peuvent avoir de bonnes idées parfois !

FISHIMI INARI TAISHA

Pour notre dernier jour à Kyoto, nous avons choisi de finir en beauté avec Fushimi Inari-Taisha. Vous en avez forcément entendu parlé ou du moins savez à quoi cela ressemble. Mais si ! Vous savez le sacntuaire aux 10000 torii rouges qui se succèdent les uns aux autres sur des kilomètres. Fushimi Inari fait partie des vitrines de Kyoto et plus largement du Japon. C’est, par conséquent, un endroit très prisé des touristes japonais et étrangers. Nous y sommes allés le matin vers 9h et il y avait déjà un nombre certain de personnes. Nicolas y était déjà venu et m’a montré un chemin BEAUCOUP moins emprunté que le chemin principal. Nous avons commencé l’ascension du mont Inari avec le gros du troupeau. Parcourir ces quelques centaines de mètres dans ce tunnel de torii rouge vermillon est particulier et relativement sympathique malgré la foule, l’impression d’être à l’intérieur d’une carte postale. L’endroit se prête très bien à la photographie, le jeu étant de prendre une photo de femmes ou de couples, qui ont loué un kimono, dans ce décor très japonais.

Les moutons dissidents que nous sommes avons quitté nos congénères pour s’aventurer sur un chemin plus long certes mais plus calme et agréable. De plus il passe au milieu d’une bambouseraie. Après le fiasco d’Arashiyama, cette escapade tombait à pic. C’était l’occasion de profiter des bambous et d’un environnement apaisé. Et puis ça procurait l’illusion de faire une randonnée. La fin du chemin est un peu escarpé, et demande 5-10minutes d’efforts mais on en vient facilement à bout. En route nous avons croisé un couple qui coupait un bout de bambou à l’aide d’un couteau (essayez ça chez vous, et vous me direz combien de temps ça vous a pris, hein..)… On se rapporte les souvenirs qu’on veut ok ?! On a également croisé la route de chats gardiens d’un distributeur automatique de boissons. Nous nous sommes arrêtés dans quelques uns des cimetières et autels avant de rejoindre le sommet du mont et de retrouver le troupeau que nous avions quitté quelques heures plus tôt.

Nous sommes redescendus par la route des torii et visiblement y en avait plus d’un à avoir abandonné. Notre cheptel avait perdu beaucoup de ses bêtes. Je n’allais pas me plaindre, ça m’a permis de profiter pleinement du sentier aux torii au cœur de la forêt. Quelques uns sont en pierre mais la grande majorité est en bois peint en rouge vermillon et noir. Les inscriptions que l’on trouve sur une des faces des portes apportent un certain charme… Enfin quand on n’est pas japonais et qu’on n’arrive pas à déchiffrer ce qui y est écrit car en réalité sont inscrits le nom des particuliers ou entreprises qui ont fait don du torii pour que cela leur porte prospérité, ainsi que la date à laquelle le don a été fait. Entre 1500 et 11000€ avec plusieurs années d’attente. Des panneaux publicitaires à l’ancienne quoi !

J’ai beaucoup aimé cet endroit sacré, dans le calme de la forêt. Ce n’est pas pour rien que c’est le lieu le plus visité au Japon après tout.

UPDATE : Depuis je suis retournée à Fushimi Inari, juste avant que le monde ferme à cause du COVID et il n’y avait pas un chat ! C’était super. J’ai pu profiter un peu plus du sanctuaire au pied du mont qui marque le départ vers la randonnées des torii, de ces emblématiques renards messagers des dieux. J’ai pris le chemin classique et c’était très agréable, sans bousculade avec vue sur Kyoto à certains moments.

Pour la dernière de chez dernière visite à Kyoto, nous nous sommes dépêchés d’aller au temple Kiyomizu-dera, le temple de l’eau.

KIYOMIZU-DERA

Ca va être très rapide, je n’en ai pas beaucoup d’autre souvenir que la foule qui était pire que tout ce qu’on avait eu avant, c’est dire ! Impossible de marcher librement, sans bousculer quelqu’un ou se faire bousculer. Tout ce dont je raffole. Je me souviens d’une démonstration d’arts martiaux sur le parvis du temple. Pas si impressionnante. Je me souviens de la vue sur la ville, d’un grand cimetière avant d’atteindre le site, de la pagode rouge et du fameux temple totalement recouvert d’échaffaudages. Et au Japon ils font pas les choses à moitié ! Ils mettent une sorte de sarcophage tout autour du monument qu’ils rénovent, si bien qu’on ne voit absolument rien. La visite a vite coupé court.

J’ai préféré rester avec mes souvenirs et sentiments du matin et finir mon séjour à Kyoto sur cette note de sérénité (et de fatigue, on va pas se mentir.)

En conclusion : Kyoto est pleine de surprises, très jolie, paisible, zen, surpeuplée par endroit, et vaut terriblement le coup d’être visitée. Il y a tellement de lieux à découvrir, qu’il faut bien plus de 4 jours pour faire le tour de la ville en détail.

Ah oui, j’allais oublier ! Je vous avais promis des conseils sur comment se débarrasser d’un corps en milieu urbain. Tout d’abord, il ne s’agit pas de Nicolas. Je sais, vous êtes déçus. Ce qu’il s’est passé c’est qu’une petite vieille nous a bouché le passage à l’auberge alors qu’on voulait vraiment passer… Ni une ni deux, tranche de la main sur la nuque dans un mouvement sec, hop coup du lapin, on en parle plus. Je suis ninja, je vous le rappelle. Elle avait qu’à se garer aussi, oh ! Faut pas déconner, ils se croient tout permis ses petits vieux aussi là, avec leurs déambulateurs! Ils devraient y coller des rétroviseurs comme ça ils verraient qu’ils bloquent tout le monde et on en arriverait pas là. Bon bref, on a plié la vieille en quatre et on l’a mise sous le Kotatsu (table traditionnelle japonaise recouverte d’un futon et chauffée) qu’on avait dans la chambre. Et voilà comment se débarrasser discrètement d’un corps en milieu urbain. Il faut avoir un kotatsu sous la main, c’est vrai, mais sinon c’est simple et ça demande peu d’efforts. En plus c’est sympa, ça fait la surprise aux prochains voyageurs, ça met un peu de piment dans leur périple. Tout le monde est content. Par contre, je ne sais plus si j’ai laissé le chauffage allumé en partant… Bah ! Ça rajoute une petite odeur, tout au plus.

Sous ce kotatsu repose une petite vieille trop lente pour la vie

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