A la suite de ma visite de Shirakawa-go, je me suis rendue dans la ville de Takayama.
J’ai passé la nuit dans une auberge de jeunesse où les lits sont de type « capsule ». En gros j’étais dans un box. Je dormais dans un lit superposé sur trois étages mais au lieu d’être complètement ouvert sur tous les côtés, il n’était ouvert qu’au niveau des pieds. J’avais des murs tout autour de moi et je fermais la seule entrée par un rideau. Quand j’ai réservé je ne savais pas que les lits étaient ainsi.

Si je l’avais su peut-être aurais-je passé mon chemin car j’ai parfois tendance à être claustrophobe. Et puis là, pas le choix, je me suis retrouvée face à mon lit sans possibilité de faire demi-tour. Eh bien, j’ai passé une très bonne nuit ! Dans mon « box », il y avait assez de place, plus que dans un lit superposé ordinaire car il est plus large que le matelas lui-même. Il y a tout un rebord où l’on peut disposer ses affaires. Je pouvais allonger mes bras dans tous les sens, et j’avais un petit coffre fort si besoin, c’est très intime. J’avais l’impression d’être rangée dans un tiroir mais un tiroir spacieux !
Cette auberge de jeunesse, en plus d’être nickel, se situe en face d’un sento (c’est comme un onsen sauf que l’eau n’est pas naturellement chaude). Ni une ni deux, me v’là en train de faire trempette.
Le lendemain matin, j’attaquais la visite de cette ville tout aussi traditionnelle que le village de Shirakawa-go. Sauf que la veille je me trouvais en milieu rural et que cette fois j’arrivais en milieu urbain. Ça change tout.

J’ai commencé par me balader aux marchés du matin qui proposent des fruits et légumes de la région, des fleurs, des mets locaux ou encore des souvenirs. J’ai flâné entre les étales le long de la rivière Miyagawa jusqu’à l’immense torii qui mène au sanctuaire de Sakuyarama Hachimangu, premier des nombreux temples et sanctuaires que j’allais visiter ce jour là (Rapidement, la différence entre un sanctuaire et un temple : les sanctuaires sont associés à la religion shinto et les temples au bouddhisme. Les deux religions se complètent puisque la plupart des Japonais pratique les deux.)

La ville accueille le festival de Takayama, un des trois plus beaux du Japon, deux fois par an. Une fois au printemps, dans la partie sud de la vieille ville, et une fois à l’automne, dans la partie nord. Celui en automne porte le nom de ce sanctuaire, Hachiman matsuri. Lors de ce festival biannuel, des centaines de personnes défilent en habits traditionnels, de grands chars colorés et dorés paradent dans les rues de la ville, et on peut assister à des représentations de marionnettes complexes qui demandent les compétences de plusieurs marionnettistes chacune.
J’ai alors commencé ma déambulation dans les rues typiques de Takayama. Du temple Hachimangu au quartier historique « Sanmachi-suji ». C’est ce quartier qui donne à la ville le surnom de « petite Kyoto » (je suis par la suite allée à Kyoto. Bon vite fait la « petite Kyoto » Takayama… Juste par rapport au quartier Gion, le « petit Gion » OK, mais c’est tout, faut se calmer les enfants). Je suis passée, au détour d’une rue, d’un calme absolu bercé par le bruit de l’eau des canaux qui traversent la ville au chaos des sites touristiques surpeuplés.

Il y a trois rues à visiter, qui font la réputation de la ville, et effectivement elles sont très belles. Mais je les ai vite faites. Il y avait vraiment trop de monde pour moi (là, la « petite Kyoto » porte bien son nom ! Je retire ce que j’ai dit plus haut).

Dans cette partie de la ville on y trouve de nombreux magasins et restaurants, de musées au sein de vieilles maisons de l’ère Edo ainsi que des brasseries de saké. On reconnaît ces dernières grâce à la boule faite de branches de cèdre accrochée devant leurs portes.

Le cèdre était utilisé à l’époque pour faire les tonneaux et transporter le saké. Takayama est une des villes les plus réputées pour la production de saké. En effet, le climat froid des Alpes Japonaises, la qualité de leur eau souterraine et le riz de la région font que les sakés de Takayama sont parmi les meilleurs du Japon. Aujourd’hui au nombre de six, il y a eu jusqu’à une soixantaine de brasseries dans la ville. Je voulais faire une dégustation de ce vin de riz malheureusement je n’en ai pas eu le temps.
J’ai continué ensuite avec la fameuse promenade des temples et sanctuaires d’Higashiyama Teramachi. Au total treize temples et cinq sanctuaires où flâner. Si vous voulez un lieu calme et serein pour exercer votre spiritualité, c’est l’endroit idéal. Bon, niveau spiritualité, c’est pas ça chez moi et puis honnêtement après avoir vu un ou deux temples, on les a tous vus, comme les églises en Europe. J’ai quand même apprécié cette petite balade car il n’y avait personne !

Le sentier des temples se situe un peu dans les hauteurs de Takayama à l’orée de la forêt, beaucoup ne trouvent pas le courage ou l’envie de s’y rendre et restent dans la partie ultra touristique de la ville. Cette promenade prend beaucoup de temps si on la fait en entier, si on s’arrête à la plupart des temples. Je me suis même perdue dans un cimetière. Je ne sais pas bien comment j’ai atterri là bas d’ailleurs. J’ai été tentée de m’aventurer dans la forêt où les tombes s’engouffraient. Il y avait un côté mystique. Mais je n’avais pas le temps de me perdre plus et j’ai dû retrouver mon chemin vers le monde des vivants.

Il y a également un village folklorique à Takayama. Une reconstitution d’un village de maisons aux toits de chaume. Personnellement rien que « reconstitution » pour moi me fait déchanter et puis je revenais de Shirakawago. Je ne voyais pas l’intérêt de le visiter.
Je dois avouer que cette visite de Takayama ne m’a pas transportée. Pas parce que la ville n’est pas jolie ou autre, bien au contraire. Simplement je n’ai aucune connaissance de l’architecture japonaise. Je ne me suis pas sentie dépaysée dans le quartier historique, par exemple, comme j’avais pu l’être la veille avec Shirakawa-go. Je n’ai pas eu cette impression d’ « ancien » qui m’a fait me dire « ah oui, ce doit être de très vieux bâtiments » (j’ai des critères européens qui ne s’appliquent pas ici). Ou alors peut-être qu’il aurait fallu que je visite Takayama d’abord, puis Shirakawa-go. C’est dans ces moments là que j’aimerai avoir un guide pour pouvoir comprendre véritablement ce qui se trouve sous mes yeux. Voilà, c’est ça, j’ai été frustrée de ne pas comprendre ce que je voyais.

Pour finir ma journée, j’ai décidé de faire escale à Gero sur le retour.
Gero est réputée pour ses sources thermales dont la qualité des eaux donne une douceur particulière à la peau. La ville est considérée comme une des trois plus célèbres sources thermales du pays. J’en ai donc profité. Il y a un onsen en plein air gratuit qui se trouve au bord de la rivière qui traverse la ville. C’est un onsen mixte et le maillot de bain y est obligatoire… Et j’avais oublié le mien ! Il faisait aussi nuit noire, donc même avec mon maillot, je ne pense pas que je m’y serai aventurée. Je me suis donc rabattue sur un établissement. Pour être honnête, je ne ressens pas la différence entre les eaux. Un onsen à Gero ou autre part, c’est pareil pour moi, malheureusement. Ça n’empêche pas que j’ai énormément apprécié ce moment de détente. A vrai dire j’aime de plus en plus les onsen. Pour moi le plus agréable c’est de faire trempette quelques minutes dans un des bains brûlants avant d’aller me rafraîchir et sécher nue dehors avant de me baigner à nouveau. A poil par 10°C sans ressentir le froid, c’est bizarrement relaxant ! Je vous le conseille à tous!
Laisser un commentaire